Illustrations, solo exhibition, 2013
Perspektivwechsel, group exhibition, 2013
Manuel Perrin, swiss artist in residence, has worked for 6 month in the Atelier Neuenburg – owned by the canton of Neuchâtel in Prenzlauer Berg. He is a multi-talented and hyperactive artist. He presented his last illustrated work at Placette de Berlin.
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Manuel Perrin travaille depuis déjà quelques mois dans son atelier de Prenzlauer Berg, mis à disposition par la ville de Neuchâtel l’espace d’un semestre. C’est à l’abri des regards, dans une maisonnette d’arrière-cour qu’il nous reçoit. A sa palette: dessin, peinture, sculpture, installation et même bande dessinée. Manuel est un artiste polyvalent et hyperactif, sous son air paisible. Portrait.
« Trois vernissages ont déjà été organisés dans l’atelier et j’ai plusieurs projets en cours pour les deux mois à venir ». Le Neuchâtelois ne perd pas son temps. Quant d’autres artistes profitent de leur résidence pour une introspection artistique, lui a opté pour la communication entre artistes, au travers de créations communes.
Manuel dessine depuis tout petit, sous les encouragements de son père. Celui-ci lui fait découvrir dès son plus jeune âge les musées parisiens et notamment la provocante Origine du Monde. « J’avais dix ans, je crois, cette toile m’a marqué. J’ai eu l’impression de me faire happer ». Il découvre également la bande dessinée grâce à une riche collection familiale. A quinze ans il entame une formation artistique classique à l’Académie de Meuron (NE).
« Selon notre directeur, l’histoire de l’art s’arrêtait en 1940 avec Matisse.»
Cette formation le porte vers le style romantique. « J’ai séjourné en Provence où je peignais en extérieur, Gaugin et Van Gogh en tête ». Plus tard, la HEAD (Haute école d’art et de design, Genève) l’entraîne ailleurs, au-delà des fauvistes. Il exposera une trentaine de stèles en béton – une tonne en tout – plantées dans le sol, de drôles d’yeux et une grimace représentés sur chacune d’entre elles. Evocatrice, cette œuvre confronte avec humour les gens à leur propre rapport à la mort. Manuel croise les techniques, l’artiste est pluriel.
Entre l’huile provençale et le béton genevois, il passe en outre par la case BD à l’Institut St-Luc de Bruxelles. Manuel donne naissance à deux bandes dessinées auto-fictives (In Petto et Farandole) inspirée du style de l’éditeur de BD L’association. Pour les promouvoir, il parcourt les festivals de bande dessinée, en Suisse comme en Belgique, où il dédicace ses œuvres aux côtés de Gotlib. « Les festivals belges sont différents, il n’y a pas de privilégiés, c’est tout le monde à la même ! ».
« Je veux mettre des artistes de différents horizons en contact »
A l’occasion de l’un de ses projets à venir (Die Wohnung), Manuel endossera l’habit du curateur, en plus de son rôle d’artiste. Comme le dévoile le nom du projet, il s’agira pour lui de créer un espace habitable où s’installeront un panel d’artistes issus de différents arts. Le projet franchit le sens contemporain du mot « artiste» pour revenir à celui, plus ancien, d’artisan. « Je suis en contact avec un cuisinier que j’aimerais également faire intervenir ». Le festival Spreeknie aura lieu du 12 au 21 juillet prochain.
Mais avant cela, ils nous faudra remonter la Spree et bifurquer vers Neukölln, direction La Placette. A ne pas confondre, La Placette n’est autre que la plus suisse des galeries de Neukölln. A l’occasion du festival 48 Stunden Neukölln, du 14 au 16 juin, quelques oeuvres de Manuel y ont été exposées. Le thème de cette année – « Perspektivwechsel » – lui permettra de faire part de ses propres changements de perspective qui sont déjà légion, tant le renouveau semble primordial à l’artiste. L’exposition a lieu jusqu’à fin juin.
Michael Goodchild
Swiss Art and Artists in Berlin, 2013
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